Baromètre RocketFin du risque PME — édition n° 1, novembre 2026
Par Kévin Buisson, co-fondateur et CEO de RocketFin · 9 novembre 2026 · Données Banque de France à fin septembre 2026
À fin septembre 2026, 71 139 entreprises ont fait l'objet de l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire en France sur douze mois, soit 4,4 % de plus qu'un an plus tôt. La hausse est bien plus forte chez les petites entreprises (+15,1 %) et les moyennes entreprises (+9,6 %). Chaque mois, le Baromètre RocketFin du risque PME résume les chiffres de la Banque de France et ce qu'ils changent pour les dirigeants et les directions financières.
Les chiffres clés
- 71 139 défaillances sur 12 mois à fin septembre 2026, contre 68 125 un an plus tôt : +4,4 %.
- 19,9 % de plus que la moyenne des années 2010-2019 (59 342).
- Petites entreprises : +15,1 %. Moyennes entreprises : +9,6 %.
- Secteurs les plus en hausse : agriculture (+12,7 %), activités financières et d'assurance (+11,0 %), enseignement, santé, action sociale et services aux ménages (+10,8 %).
- Seul secteur en recul : la construction (-2,7 %).
Un niveau toujours élevé
Le cumul sur douze mois atteint 71 139 défaillances à fin septembre, contre 70 768 à fin août (chiffre révisé). Sur un an, la hausse est de 4,4 %, après 4,8 % le mois précédent. Le niveau reste près de 20 % au-dessus de la moyenne 2010-2019.
Selon la Banque de France, ce niveau s'explique notamment par une conjoncture dégradée et par les chocs successifs qui ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises. Dans le même temps, la population d'entreprises continue de croître : plus de 1,3 million d'entreprises ont été créées sur douze mois à fin septembre, en hausse de 12,2 % (Insee).
Les petites et moyennes entreprises en première ligne
| Taille d'entreprise | Défaillances sur 12 mois à fin septembre 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Microentreprises et taille indéterminée | 65 633 | +3,9 % |
| Très petites entreprises | 3 397 | +8,2 % |
| Petites entreprises | 1 544 | +15,1 % |
| Moyennes entreprises | 503 | +9,6 % |
| ETI et grandes entreprises | 62 | +40,9 % |
| Ensemble | 71 139 | +4,4 % |
Les microentreprises représentent 92 % des défaillances, mais la hausse est bien plus forte au-dessus : +8,2 % pour les très petites entreprises, +15,1 % pour les petites entreprises, +9,6 % pour les moyennes. Les défaillances progressent ainsi plus de trois fois plus vite chez les petites entreprises que dans l'ensemble de l'économie.
Les ETI et grandes entreprises affichent +40,9 %, mais sur un très petit nombre de cas (62) : cette variation est à lire avec prudence.
Quand une petite ou moyenne entreprise défaille, ce sont aussi ses fournisseurs et ses clients qui sont exposés : factures impayées, livraisons interrompues, contrats à reprendre.
Les secteurs qui se dégradent le plus
| Secteur | Défaillances sur 12 mois à fin septembre 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Agriculture, sylviculture et pêche | 1 807 | +12,7 % |
| Activités financières et d'assurance | 1 780 | +11,0 % |
| Enseignement, santé, action sociale et services aux ménages | 7 285 | +10,8 % |
| Hébergement et restauration | 9 927 | +9,0 % |
| Conseils et services aux entreprises | 9 025 | +6,6 % |
| Activités immobilières | 2 682 | +6,2 % |
| Transports et entreposage | 3 262 | +4,4 % |
| Commerce et réparation automobile | 14 223 | +3,3 % |
| Information et communication | 2 155 | +3,1 % |
| Industrie | 4 418 | +1,1 % |
| Construction | 14 380 | -2,7 % |
| Ensemble | 71 139 | +4,4 % |
En volume, la construction (14 380) et le commerce (14 223) restent les secteurs qui comptent le plus de défaillances, mais la construction est le seul à reculer sur un an. L'hébergement-restauration cumule volume et hausse rapide : 9 927 défaillances, +9,0 %.
Sur le dernier mois, la Banque de France relève une hausse dans tous les secteurs sauf l'industrie et le conseil et services aux entreprises, en particulier dans l'hébergement-restauration, les transports et le commerce.
Ce que ces chiffres changent pour une PME
Une défaillance s'annonce le plus souvent des mois à l'avance. Chez un client ou un fournisseur, les signaux à surveiller sont connus : des comptes déposés en retard ou pas déposés, une trésorerie qui se tend, des délais de paiement qui s'allongent, des changements répétés de dirigeant ou d'adresse, des inscriptions de privilèges de l'Urssaf ou du Trésor public. Nous détaillons ces signaux dans notre article sur les signaux faibles de défaillance.
Le bon moment pour vérifier un client, c'est avant de lui accorder des délais de paiement, pas après le premier impayé. Une fois la facture émise, il est souvent trop tard pour renégocier les conditions.
Un client solide le jour de la signature peut se fragiliser ensuite. Dans les secteurs les plus exposés, revoir régulièrement la situation de ses principaux clients et fournisseurs évite de découvrir la difficulté le jour du jugement.
« Les défaillances progressent plus de trois fois plus vite chez les petites entreprises que dans l'ensemble de l'économie : +15,1 % contre +4,4 %. Une défaillance s'annonce le plus souvent des mois à l'avance : des comptes déposés en retard, une trésorerie qui se tend, des délais de paiement qui s'allongent. Le réflexe qui protège une PME est simple : vérifier la solidité d'un client avant de lui accorder des délais, pas après le premier impayé. »
— Kévin Buisson, co-fondateur et CEO de RocketFin
Méthode et sources
Les chiffres de défaillances sont ceux de la Banque de France : unités légales ayant fait l'objet de l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, en cumul sur douze mois, par date de jugement. Il s'agit de données brutes, révisées chaque mois à mesure que des jugements sont enregistrés. Les évolutions comparent le cumul à fin septembre 2026 au cumul à fin septembre 2025. Les créations d'entreprises proviennent de l'Insee.
Source : Banque de France, « Défaillances d'entreprises, 2026-09 », mise en ligne le 6 novembre 2026.
Questions fréquentes
Combien d'entreprises ont fait défaillance en France à fin septembre 2026 ?
71 139 sur douze mois, selon la Banque de France, soit 4,4 % de plus qu'à fin septembre 2025.
Quelles entreprises sont les plus touchées en 2026 ?
Les microentreprises représentent 92 % des défaillances, mais la hausse la plus forte concerne les petites entreprises (+15,1 %) et les moyennes entreprises (+9,6 %).
Quels secteurs se dégradent le plus ?
L'agriculture (+12,7 %), les activités financières et d'assurance (+11,0 %) et l'enseignement, la santé, l'action sociale et les services aux ménages (+10,8 %). La construction est le seul secteur en recul (-2,7 %).
Quand paraît le prochain baromètre ?
Le 4 décembre 2026, jour où la Banque de France publiera les chiffres à fin octobre.
À propos de RocketFin
RocketFin, société lyonnaise, évalue la solidité financière des TPE et PME françaises à partir de leur SIREN : un score de 0 à 100 en 60 secondes et un rapport explicable facteur par facteur, à partir de plus de 100 points de données comptables, bancaires, légales et extra-financières. RocketFin est référencée par la DGE (« Osez l'IA »), prix Techinnov 2026, soutenue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et RDi, et incubée à la Caisse d'Épargne - HUB612.
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